La législation sur les plantes invasives enfin publiée
Elle donne des moyens d’agir même si des décrets et arrêtés sont encore nécessaires
Notre collectif avait pour objectif prioritaire d’obtenir une modification de la législation sur les plantes exotiques envahissantes et plus particulièrement sur le Baccharis. En un peu plus d’un an la situation a beaucoup évolué positivement. La réglementation européenne était théoriquement applicable depuis le 1er janvier 2015. Elle devient effective depuis le 14 juillet dernier, la liste des espèces concernées ayant été publiée.
Par ailleurs, en ce qui concerne plus spécifiquement le territoire national, la loi sur la biodiversité vient elle aussi d’être publiée avec un article 149 qui porte sur les espèces envahissantes. Il s’agit désormais de savoir quelles conséquences pratiques l’évolution de la législation va avoir.
La première est l’interdiction de la commercialisation de la plante. Toutefois, si cette interdiction est nécessaire elle est loin d’être suffisante. La plante prolifère, conquérant de nouveaux espaces chaque jour, modifiant les paysages et causant de graves dommages à la biodiversité. Il convient de mettre en place des programmes de lutte pour faire régresser son emprise, voire à terme assurer son élimination. Les premières zones où il est impératif d’agir rapidement sont celles appartenant aux collectivités publiques. Sur ces zones, il convient de faire l’inventaire des contaminations s’il n’est pas déjà réalisé, décider des programmes d’arrachage, de tronçonnage et de gestion de ces espaces dans la durée. Quelle que soit la méthode choisie, il faudra effectivement programmer des interventions sur plusieurs années pour traiter les repousses qui ne manquent pas d’être très nombreuses. L’éco-pâturage semble une solution durable pour un coût raisonnable sur de grands espaces. Les ressources mobilisées seront directement proportionnelles à la volonté des décideurs politiques. A défaut d’une réelle sensibilisation, la loi sera totalement inefficace.
Une règlementation à venir qui doit donner des possibilités d’intervention
Une grande partie des zones contaminées appartiennent à des propriétaires privés. Si celles-ci ne sont pas traitées, elles réintroduiront le Baccharis sur les zones traitées. Nous demandons donc, que soit mis en place un programme d’inventaire. Ceci nécessite l’autorisation pour les collectivités locales de rentrer chez les particuliers. La réglementation qui n’est pas encore publiée devra le permettre. Par ailleurs, une fois la présence des plantes avérée, l’obligation d’arrachage ou au minimum de coupe avant la floraison doit être édictée. Là encore la réglementation doit le permettre. Sur tous ces points, la secrétaire d’état à la Biodiversité nous a affirmé son intention d’agir cet automne. Nous n’avons cependant pas le détail de ses intentions. L’avenir de la lutte contre les plantes exotiques envahissantes se jouent finalement dans la qualité du futur cadre réglementaire, mais aussi dans la détermination des collectivités publiques et des collectifs bénévoles.
Baccharis. Avec le soutien de Barbara Pompili – art Le Télégramme
Baccharis. Avec le soutien de Barbara Pompili
Publié le 09 juin 2016 Laurent Guenneugues
Daniel Lasne (à gauche), appuyé par Luc Foucault (à droite), a expliqué à Barbara Pompili (au centre) les techniques mises au point par le collectif pour lutter contre le baccharis. (Photos François Destoc)
Barbara Pompili, la secrétaire d’État à la biodiversité, était de passage autour du golfe, hier après-midi. Après avoir rencontré les élus du Parc naturel régional à Sarzeau, elle est allée soutenir le Collectif anti-baccharis, à Séné.
Depuis deux ans, les 80 bénévoles du Collectif anti-baccharis sont à pied d’oeuvre à Séné. Deux fois par mois, ils se retrouvent pour des chantiers d’arrachage de cette plante invasive venue d’Amérique du nord. Leur collectif a fait des petits, à Larmor-Baden et Baden, Saint-Armel… D’autres sont aussi en train de se monter à Arzon et Damgan.
« Une France qui se bouge »
Seize hectares de la commune de Séné sont touchés. Les bénévoles espèrent en venir à bout dans cinq ans, même s’il faudra continuer à surveiller le territoire par la suite. Hier soir, ils ont eu un soutien de poids dans leur combat, apporté par Barbara Pompili au marais de Morboul : « Vous représentez une France qui se bouge, qui agit en collectif et qui invente des solutions, une France qui ose et qui avance ». Daniel Lasne, vice-président du collectif, l’a accueillie et lui a présenté l’outil qu’il a mis au point pour arracher les plantes quand elles ont pris de l’épaisseur. Une sorte de fourche, avec un plateau d’appui et une rotule pour faire un effet de levier. Il l’a baptisé la baccharrache. Et la secrétaire d’État à la biodiversité a joint le geste à la parole en l’aidant à arracher deux plants. « Cela fait deux ans et demi que l’on a monté le collectif, explique Daniel Lasne. Petit à petit, on trouve de nouvelles techniques pour gagner en efficacité et économiser de l’énergie. Pour les plants les plus gros, depuis un an, on les coupe, on les perce et on met du gros sel dedans pour qu’ils ne repoussent pas ».
Du gros sel non homologué
Problème : cette technique n’est pas encore homologuée au niveau européen. Il en a fait part à la secrétaire d’État, qui leur a répondu : « J’ai bien noté vos problèmes avec l’utilisation du sel. Croyez que je vais tout faire pour vous aider à trouver une solution à cette question ». Autre doléance exprimée par Patrice Pervez, le président du collectif au niveau national : « Auparavant, une personne-ressource s’occupait de ces questions au ministère, mais elle est partie depuis six mois et elle n’a pas été remplacée ». Réponse de la secrétaire d’État : « On a été très pris par la loi biodiversité… Mais on s’est effectivement rendu compte qu’il n’y avait plus d’équipe, ce qui est gênant. On va s’en occuper ».
Un plan global annoncé
Barbara Pompili était aussi et surtout venue annoncer un plan global contre les espèces exotiques envahissantes, qui peuvent être des plantes (baccharis, jussie, herbe de la pampa, etc.), mais aussi des espèces animales (ragondin, rat musqué, vison d’Amérique, ibis sacré, etc.). Elle s’est engagée « à ce que, d’ici novembre, la France dispose d’une législation en conformité avec la réglementation européenne adoptée en octobre dernier, et d’une stratégie efficace pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes ». Un plan qui pourra s’appuyer sur ces initiatives citoyennes : « Vous avez compris l’urgence et vous relevez vos manches, chaussez vos bottes et créez des outils adéquats… Je n’oublierai jamais le baccharrache ! ».
© Le Télégramme – http://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/baccharis-avec-le-soutien-de-barbara-pompili-09-06-2016-11101028.php
La secrétaire d’état annonce une réglementation contre le baccharis devant notre Collectif anti-baccharis.
Ce mercredi 8 juin, Barbara Pompilli, secrétaire d’état à la Biodiversité s’est rendue sur l’un des chantiers du Collectif anti-Baccharis à Séné près de Vannes. Après avoir arraché symboliquement un arbuste à l’aide d’un « Baccharache » conçu par l’association, elle a fait une déclaration importante en matière de lutte contre toutes les espèces exotique envahissantes dont notamment le Baccharis. C’est devant les membres du collectif qu’elle s’est engagée à faire évoluer la réglementation française d’ici au mois de novembre. Elle a nommé une nouvelle personne de son cabinet pour prendre le dossier en charge. Les échanges que nous avons eus nous laissent penser que la situation devrait véritablement rapidement évoluer vers une interdiction de commercialisation et le développement d’une stratégie nationale de lutte contre les espèces invasives.
voir ici l’article de Ouest-France
Action baccharis à Séné (56) – Compte-rendu saison 2
Compte-rendu de la deuxième saison de lutte contre le baccharis sur la commune de Séné, de septembre 2015 à mars 2016
Prés salé d’Arrès (bassin d’Arcachon-Gironde) : moins de Baccharis, c’est plus de Tamaris et davantage de tortues Cistude
S’il est un lieu où le Baccharis est fortement implanté, c’est le bassin d’Arcachon. Au nord du Bassin une réserve naturelle existe depuis plus de trente ans, celle des Prés Salés d’Arès gérée par l’Office National de chasse et de la Faune Sauvage. J’ai été accueilli par Richard Deneuvic est un des responsables de la gestion du site. Depuis, quelques années l’Office a engagé un combat contre le faux cotonnier. Les premiers résultats sont là mais la situation est loin d’être réglée.
Sur le Bassin d’Arcachon, le Baccharis est comme chez lui. Depuis quatre-vingts ans il a conquis avec appétit les prés salés, les anciens bassins piscicoles, les îlots, les polders et finalement tous espaces à sa convenance. Ceci n’aurait pu se faire sans la complicité active des Arcachonnais, séduits par les belles qualités esthétiques de la plante. Ici le Baccharis a fait son trou. Le faux cotonnier est presque considéré comme un élément du patrimoine local. En 1983 a été créée au nord du Bassin, sur une zone particulièrement riche sur le plan écologique, la Réserve Naturelle des Prés Salés d’Arès et de Lège. Après plusieurs décennies d’absence de réelle gestion, celle-ci a été confiée à l’Office National de chasse et de la Faune Sauvage. Richard Deneuvic m’explique qu’un plan de gestion rigoureux a été mis en place en 2009. Au cœur des actions à mettre en œuvre rapidement : la lutte contre baccharis qui en peu de temps ferait disparaitre la richesse de la flore et de la faune. Les tamaris qui bordent la digue de la réserve s’étiolaient. C’est à la tronçonneuse qu’une première intervention a eu lieu. Aujourd’hui après plusieurs années, les tamaris ont repris une belle vigueur. Les baccharis n’ont pas disparu. De nombreux pieds persistent sous forme de touffe au pied des tamaris. Ils seront coupés régulièrement et Richard Deuvenic a bon espoir qu’ils finissent par disparaitre. Sur l’autre face de la digue, c’est aux tortues Cistude que le baccharis portait préjudice. Il avait totalement fermé l’espace et transformé l’écosystème. L’intervention sur les zones séparant les bassins a permis d’ouvrir à nouveau l’espace et de rétablir un habitat propice aux tortues.
Chasseurs et jeunes en réinsertion, un même combat : le Baccharis.
Ici comme ailleurs, la lutte contre le Baccharis demande une main d’œuvre très importante. Les gestionnaires reçoivent un sérieux coup de main d’une association d’insertion SURF-INSERTION (membre du Collectif) qui réalise gratuitement des interventions. Les chasseurs locaux mettent également la main à la pâte. Des chantiers se font en commun. C’est l’occasion de pique-niquer ensemble et d’échanger. Les jeunes découvrent ainsi les pâtés de chevreuil et autres recettes bien locales, les chasseurs des jeunes tout à fait fréquentables.
Un gros chantier reste encore en suspens, celui de la reconquête des prés salés. Ils sont colonisés à 60 % par le baccharis. Suivre la bonne règle impose de respecter un protocole qui commence par un état des lieux précis tant sur le plan de la faune que de la flore. Il est en cours.
La lutte est donc loin d’être aboutie. Courage et persévérance sont comme toujours les deux qualités indispensables pour la lutte contre le Baccharis.
Janvier et février 2016 : de nombreux chantiers citoyens de lutte contre le Baccharis en Bretagne sud
Séné (56), Mesquer (44) Baden (56), Larmor Baden (56), Saint-Armel (56), Arradon (56) c’est plus d’une douzaine de chantiers éco-citoyens de lutte contre le Baccharis qui ont été ou seront conduits par les membres du collectif Anti-Baccharis en janvier et février. Désormais munis de leurs « Baccharaches » de tronçonneuses et de perceuses thermiques, ces citoyens donnent de leur temps et de leur énergie pour faire reculer l’arbuste invasif.








